Action communautaire en santé:
un observatoire international des pratiques

Le présent ouvrage est le fruit d’un travail mené sous l’égide du Secrétariat européen des
pratiques de santé communautaire - SEPSAC : des acteurs français, belges et espagnols issus de différentes structures se sont livrés à une observation méthodique de leurs pratiques.
L’objectif de ce travail était d’identifier des points de repères communs fondant les pratiques communautaires en santé dans des contextes très variés.
Les structures qui se sont engagées dans ce travail l’ont fait en leur nom propre : elles ne
prétendent pas représenter l’ensemble des démarches communautaires en vigueur dans
leur pays ou dans leur domaine d’activité.
Des points de repères, il en faut pour baliser un trajet incertain… Selon les saisons, on arrive à Samarcande (lieu de pèlerinage) en longeant le littoral ou en franchissant des cols. Il y a des raccourcis - mais parfois il vaut mieux faire un détour : une route s’est effondrée, les habitants d’un village sont hostiles… Certains détours font découvrir une vallée magnifique, ou un sentier inconnu - qui peut être une «voie de garage»… On arrivera plus ou moins vite selon que l’on est parti de Bruxelles, de Paris ou de Barcelone… ou si un enfant naît en cours de route…
Même chose dans les pratiques communautaires en santé : pas de voie royale, pas de voie
tracée. Nous n’avons cherché à trouver ni «la» bonne définition ni «la» meilleure méthode
valable une fois pour toutes et pour tout le monde ; ni des critères d’évaluation. Non, nous
voulions dessiner plusieurs pistes et, surtout, identifier des points de repère communs,
clairs, forts : pour garder le cap, malgré les incertitudes et les imprévus inhérents à nos
pratiques.
Fameux défi : il fallait dépasser les différences de contextes et de langages, accepter la remise en question, lâcher du lest, faire des concessions, trouver des compromis… L’enjeu était de taille : nous voulions consolider nos pratiques, les faire évoluer en réunissant nos savoirs, nos expériences, nos compétences. Nous voulions aussi montrer que, malgré de très grandes différences, des acteurs peuvent construire un cadre de référence commun.
Nous livrons ici une synthèse de nos réflexions, là où elles en sont aujourd’hui. Nous pensons qu’elles peuvent être utiles : à d’autres acteurs de santé communautaire ; à des lecteurs non spécialisés ; aux pouvoirs publics qui soutiennent ou pourraient soutenir ces pratiques.
Espérons que tous ceux qui vont vers Samarcande pourront s’appuyer sur nos points de
repère, et en trouver de nouveaux !